Newsletter






Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
De retour Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Gros-Burdet Julien   
05-08-2007

Bonjour à tous

me voilà de retour après de nombreux mois d'absence... D'un autre côté, ça fait de la matière pour un post ! Une petite mise à jour du blog s'impose donc avec les chroniques succinctes de quelques concerts de la progammation 2006/2007 du Pannonica (salle de concerts nantaise dédiée au jazz et musiques improvisées). Succinctes ?! Parce que ma mémoire me joue des tours et que ces heures heureuses datent quelque peu...

 

Herb Robertson NY Downtonw All Stars + Shampoing

5 Octobre 2006

Concert de rentrée en ce qui me concerne au Pannonica. Tout d'abord un duo, composé de Philippe Champion (trompette, accessoires) et de Nicolas Pointard (batterie, ustensiles), issus de l'Art Ensemble of Brest. Une découverte délicieuse que ce Shampoing ! Ces deux énergumènes vont nous faire voyager pendant près d'une heure, entre le Mu de Don Cherry et Ed Blackwell, le Chicago Underground Duo et les influences de l'Art Ensemble of Chicago. Liberté, empathie, le format du duo permettant à chacun des des deux musiciens de pousser à fond ses idées tout en étant à l'écoute permanente de son compère. Magnifique.

 

Puis c'est le tour du NY Downtown All Stars de Herb Robertson d'investir la petite scène du Panno. Réunissant, en plus du trompettiste, Tim Berne, Mark Dresser, Sylvie Courvoisier et Tom Rainey, ce groupe a effectivement tout du all star. Mis à part Berne et Rainey, je n'avais jamais eu l'occasion de voir en concert ces musiciens et je me faisais une joie de pouvoir enfin les voir sur scène après des heures d'écoutes de leurs différents projets parus à ce jour. Robertson et sa troupe était là pour nous présenter l'objet du disque Elaboration, longue suite couvrant la totalité du disque. J'avais aimé le disque mais en concert, cette musique basée en grande partie sur l'improvisation, donne toute sa mesure. Le groupe fonctionne sur deux "formats" : un musicien improvisant sur un tapis constitué par le travail des autres artistes, jouant eux une musique plus écrite, mais on note également une prépondérance de duos. Par exemple, une longue improvisation entre Courvoisier - merveilleuse pianiste - et Tom Rainey, probablement le batteur que je trouve le plus passionnant à l'heure actuelle. Ou encore entre Robertson et Berne. Ces deux aspects amènent beaucoup d'originalité et un certain dynamisme à la musique jouée lors de ce concert. Inutile de dire que tous les musiciens nous ont émerveillé par la qualité de leur travail, leur spontanéité et leur inventivité. Pas évident sur ce style de composition. En réécoutant le disque après ce concert, je l'ai trouvé plus austère. Cette musique mérité réellement d'être vécue en live. Pour finir, une mention spéciale à Sylvie Courvoisier. Je l'avais découvert sur les disques du duo qu'elle forme avec son mari Mark Feldman autour de la musique du Masada Book de John Zorn. Son jeu basé sur l'improvisation, flirtant avec une vision "musique contemporaine" du piano, utilisant l'ensemble des possibilités offertes par l'instrument m'avait beaucoup plu. Mais la voir en concert a été une véritable révélation. Je crois que son duo avec Tom Rainey restera comme l'un des grands moments de cette saison.

  

Claude Tchamitchian - New Lousadzak

30 Novembre 2006

Second concert de la saison. Gardant un souvenir quelque peu émerveillé du concert de l'an dernier donné au Pannonica par Tchamitchian avec Jean-Luc Cappozzo et Gaguik Mouradian, je n'ai pas hésité longtemps à me rendre au concert du contrebassiste avec son projet New Lousadzak. La composition du groupe est la suivante : Claude Tchamitchian : contrebasse, Raymond Boni : guitare, Rémi Charmasson : guitare, Médéric Collignon : voix, trompette, Lionel Garçin : Saxophone ténor, Daunik Lazro : saxophone alto, Ramon Lopez : batterie, Daniel Malavergne : tuba. On se trouve là dans une veine proche dans l'esprit du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden, musique revendicatrice et humaniste, d'un grand lyrisme. L'urgence de la musique amène ce côté épique que j'aime beaucoup. Les musiciens sont très bons, avec une mention spéciale à Ramon Lopez, Colignon et Tchamitchian. Beau concert, même si ça ne restera pas mon préféré. J'ai peu accroché aux compositions, leur trouvant un je-ne-sais-quoi de "too much". Je n'arrive pas bien à le définir mais l'ambition du projet était peut-être trop grande... (ça n'engage que moi bien sûr) Restent quelques moments magiques et une musique qui, au moins, a de l'ambition. C'est ce que j'attends avant tout, et ne serait-ce que pour ça, je retournerai les voir, pour constater l'évolution.

 

Les Amants de Juliette + Eclecpileptic

8 Décembre 2006

Dans le cadre de Jazz en scènes, le Pannonica accueillait Les Amants de Juliette avec en ouverture le groupe tourangeau Eclecpileptic.

Eclecpileptic est un quartet (Alexis Heropoulos : saxophone ténor, Maxime Bobo : Saxophone alto, Jean-Jacques Goichon : contrebasse, basse, Mathieu Desbordes : batterie) faisant appel aux compositions intriguantes de Alexis heropoulos et fait preuve d'une belle énergie. Rappelant par moment les groupes de Mingus dans l'improvisation collective joyeuse, boosté par une puissance prenante dans une petite salle comme le Panno, ce concert justifie à lui  tout seul l'existence du festival Jazz en Scènes qui permet de découvrir des groupes régionaux. Les thèmes de grands musiciens de l'histoire du jazz (Coleman, Rivers) et l'exploitation que ce quartet en fait montre que ce groupe à de l'avenir. Ces quatre là connaissent leurs fondamentaux (comme on dirait dans le rugby) mais n'hésite à se projeter dans l'instant présent. Une belle découverte.

Mais, il faut bien l'avouer, la raison de ma présence ce soir là restait la chance de voir en concert les Amants de Juliette. Ce trio, composé de Serge Adam, Benoît Delbecq et Philippe Foch, fait partie de ces disques qui ont une place particulière dans ma discothèque. J'évoquais plus haut le groupe Shampoing, l'esprit des Amants de Juliette n'en ait pas très éloigné. Que ce soit en disque ou lors de ce concert, les trois musiciens nous invitent à un voyage à la rencontre des musiques du monde. Pas dans le sens légèrement galvaudé qu'on donne à cette expression depuis quelques années, mais proche du travail d'un Don Cherry dans la deuxième partie de sa carrière. En parfaits citoyens d'un monde quelque peu crépusculaire, nos trois larrons utilisent toute la palette sonore de leurs instruments (trompette, piano et piano préparé, tablas et percussions) pour nous inviter à découvrir des ambiances, des rythmes, des couleurs qui hanteront nos imaginaires une fois le concert terminé. Le jeu de Delbecq, notamment, est remarquable. Utilisant le piano comme un véritable instrument de percussion, loin de son rôle harmonique traditionnel, il développe des rythmes complexes et riches laissant une grande liberté d'expression à Philippe Floch. La trompette magnifique de Serge Adam venant chevauché ce canevas rythmique avec bonheur. Respect mutuel, silence dans la salle, périple extraordinaire... Allez voir Les Amants de Juliette !!!

 

ULM

18 Janvier 2007

Impatient. Tel était mon état d'esprit avant ce concert. Pour dire vrai, comme avant chaque prestation de Marc Ducret. Le guitariste fait parti de ces musiciens dont la seule présence lors d'un concert vous assure (presque) d'un grand moment à venir. Sa rigueur musicale, ses choix esthétiques, ses "performances" scéniques en font un de mes favoris. Ce soir là, au sein de ULM, il était accompagné de François Corneloup et Martin France (batteur britannique...). Trio original : sax, guitare, batterie... formation proche d'un concert vu l'année dernière : Malaby/Ducret/Humair, proche également d'un groupe culte : le Big Satan de Tim Berne (avec Ducret, encore lui, et Tom Rainey).  De belles références donc. Pourtant ULM, c'est autre chose. Là où Big Satan correspond totalement à l'univers "bernien", tout en complexité rythmique, puissance, interactivité, là où Humair/Ducret/Malaby jouaient d'une improvisation totale, ULM a d'autres cordes à son arc : une puissance sonore (le baryton associé à la guitare et la batterie, ça envoie !), une écriture plus simple et plus lyrique (Corneloup est le compositeur de ce trio). Les trois musiciens jouaient pour la première fois ensemble en concert, ce qui s'est ressenti quelque peu. Mais la poésie de la musique proposée ce soir là, l'énergie communicative des trois musiciens, le plaisir pris sur scène et dans la salle ne mentait pas : un grand trio est né, très complémentaire. Le concert a été ponctué de quelques facéties de Corneloup, sourire au lèvre, heureux d'être là. Martin France que je découvrais à cette occasion est un batteur intéressant, alliant puissance et écoute. Pas le batteur que je préfère mais une belle découverte néanmoins. Ce concert d'ULM m'a permis de voir pour la première fois sur scène François Corneloup : doté d'une puissance dévastatrice au baryton, son jeu est très expressif, jouant beaucoup de l'interaction avec les deux autres musiciens. Et puis il y avait donc Ducret : fidèle à lui-même, alliant fulgurances sonores, traits rapides tout en virtuosités, idées acrobatiques, ses mains parcourant son manche telles de grandes araignées à 5 pattes démesurées. Ducret c'est aussi cette  façon de jouer, de faire corps avec la guitare, prolongement naturel de son esprit. Chaque phrase est une sorte de cri, sortant d'un corps entièrement voué à ces notes.

J'espère avoir l'occasion de les revoir rapidement, le groupe devant être un peu plus rôdé maintenant. En attendant, le disque tourne régulièrement dans ma platine... les images du concert dans la tête, j'écoute cette belle musique...  

 

Trio Tamisier/Kornazov/Codjia + François de Larrard

1er Février 2007

Ce fut le dernier concert de la saison en ce qui me concerne, mon emploi ne permit pas d'aller voir les semaines suivantes Steve Coleman, Denis Collin, Jean-Luc Guionnet ou autre Jazz Poetry Improvisation Ensemble. Dommage.

Pour débuter cette soirée, François de Larrard jouait en piano solo. Pianiste que je ne connaissais pas. Une heure à découvrir l'univers intérieur de ce musicien : on vagabonde, on se surprend à sourire, des images nous traversent l'esprit. De Larrard procède par petites pièces, improvisations courtes aux atmosphères changeantes. Beau toucher, belles idées. De quoi plonger la salle dans un état propice à découvrir le trio qui suit.

Geoffroy Tamisier et Gueorgui Kornazov sont des habitués du Pannonica. Ils font partie de cette grande famille qui a engendré le label Yolk, créé par Alban Darche, Jean-Louis Pommier et Sébastien Boisseau. A de nombreuses reprises, j'ai pu découvrir leurs différents projets (OLH Acoustic de Tamisier, Staro Vreme de Kornazov) ou ceux de leurs amis (Le Gros Cube de Darche, le Qüntet de Pommier, Mukta de Simon Mary, etc.) sur la scène du Pannonica. Ce soir là, Tamisier et Kornazov sont accompagnés par un autre habitué des lieux, étoile montante de la scène jazz française, Manu Codjia. La musique du trio est planante, douce, poétique, nocturne. Tout en finesse, timbres feutrés, douceur. La chaleur du trombone, la beauté de la trompette, les accords et arpèges de Codjia nous emmènent voir du côté des étoiles d'une nuit d'été, chaude, sèche, paisible. La beauté de la musique est surprenante, d'une telle simplicité. Ici, pas d'effets de manche, aucune virtuosité. Cette musique est taillée pour la scène. A quant un concert du trio en plein air, sous la vouste céleste d'un beau mois de Juin ?

Dernière mise à jour : ( 22-08-2007 )
 
< Précédent   Suivant >