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| Malaby / Ducret / Humair au Sunside |
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| Écrit par Gros-Burdet Julien | |
| 24-09-2006 | |
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Lundi 4 Septembre 2006 - Sunside
Nouveau détour par Paris pour voir cette fois Tony Malaby en compagnie de Daniel Humair et Marc Ducret ! Prometteur, même si les trois hommes n’ont pas eu le temps de préparer cette rencontre.
Le concert se déroule au Sunside. La salle n’est pas bien grande : une partie avec des places assises, environ une quarantaine, et la partie bar où les spectateurs restent debout. En ce lundi soir, le club est bien rempli, ce qui fait plaisir ! Le mauvais souvenir d’un public plus que restreint pour le concert du trio Malaby/Sanchez/Rainey au Duc des Lombards en juin m’effrayait un peu, nos trois grands musiciens méritant de se produire dans un club bondé !
Les trois hommes ont déjà eu l’occasion de jouer ensemble mais deux par deux : Ducret a participé à l’album Sabino de Malaby, Humair avait monté un groupe il y a quelques temps avec Malaby et Carzone aux sax, enfin Ducret et Humair se sont plusieurs fois produits ensemble. Par contre, ce trio est totalement inédit, raison de plus pour venir assister à ce concert.
Ce live va se dérouler en deux sets : le premier constitué de trois longues improvisations, le second de deux improvisations d’une demi-heure chacune environ. Nous sommes là dans le domaine de l’improvisation libre, pas d’écrits ici. Chaque musicien lance des pistes, emmenant les autres dans son sillage, puis se faisant dépassé par ses compères qui eux-mêmes proposent de nouvelles idées. Le résultat est superbement intéressant, malgré les quelques moments de flottements légers inhérents à ce type de musique, lorsque entre deux idées, les musiciens cherchent la nouvelle voie ! Malaby fait une nouvelle fois étalage de sa capacité à construire un discours s’appuyant à la fois sur le déjanté et le mélodique, proposant une synthèse splendide, qu’il sert avec cette sonorité pleine qui lui est si particulière. Comme je l’ai déjà écrit pour le concert au Duc des Lombards, il est toujours étonnant de voir la palette sonore qu’il peut développer sur son ténor. On sent le grand saxophoniste américain dans son élément. La jambe bat le rythme, les yeux mis clos ou totalement exorbités témoignant de l’implication de notre homme. Entourant Malaby, Ducret et Humair ne sont pas en reste : le premier est toujours passionnant à regarder jouer. Véritable ballet chorégraphique, le travail de ses doigts est hallucinant. Ducret et sa guitare ne font qu’un, son instrument est le prolongement de son corps et son jeu celui de ses idées. Pas d’obstacle ni d’étape entre le cerveau et le jeu… Ducret est un coloriste, son travail illustre et ponctue le discours du saxophone. Par touches rythmiques, mélodiques, bruitistes, il apporte un supplément de relief à la musique proposé par le trio. Il est intéressant d’observer l’interaction entre Ducret et Malaby, l’un s’amusant à « tromper » l’autre, brouillant les pistes. Ne surtout pas laisser s’installer la musique dans la facilité. Mais ce trio ne serait pas le même sans le nounours suisse : Daniel Humair, ronronne, fulmine, caresse, frappe… il fait étalage d’une technique et d’un flot d’idées qui le place sans discussion possible parmi les plus importants batteurs de ces dernières décennies. Sa capacité à jouer dans un tel registre est vraiment impressionnante quand on se souvient de ses débuts, notamment au sein de HUM ! Humair n’a rien à envier aux jeunes loups actuels.
Les cinq improvisations qu’il nous a été donné d’entendre ce soir là n’auraient pu former en fait qu’une longue suite, simplement suspendue par moment pour la respiration physique et psychologique des trois artistes. La continuité du discours, mais surtout sa structuration, ses trouvailles mélodiques et rythmiques furent impressionnantes. Quand on sait que ces trois là n’ont pas eu le temps de répéter avant ce concert, on se peut se dire qu’il existe entre eux une communauté d’esprit, d’envie et de recherche qui est simplement grandiose. D’après certains de mes informateurs, il serait question d’un nouvel album du groupe Sabino, espérons qu’il soit aussi inspiré que ce concert.
Le plaisir offert par Tony Malaby, Marc Ducret et Daniel ce soir là méritait une salle pleine jusqu’à la fin, ce qui fut le cas.
Vivement la prochaine fois… |
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